Épilogue
Voici, en primeur, l’extrait de l’Épilogue (conclusion) de L’impasse. Lorsque ce documentaire sera terminé de monter, il se terminera par un épilogue écrit avec des images. Ma vision présente de ce qui se passe et de ce qu’on doit faire au Québec. Cet épilogue est sujet à changement d’ici la fin du montage définitif! Bonne lecture!
Pour un Québec indépendant
Le Québec n’est pas encore un pays aux Nations-Unies. Cependant, le Québec est mon pays. Toutefois, comme il a été démontré dans ce documentaire, le Québec est dans « L’impasse ». La question nationale est devenue une farce que l’on se raconte pour oublier la tristesse de la corruption qui s’est emparée de notre État.
Au départ, le nationalisme québécois a repris de sa légitimité avec les années 1960 et l’émancipation des colonies sur le globe. Bien sûr, nous savons maintenant que cette émancipation ne s’est pas toujours passée pour le mieux. Prenons simplement en exemple les révolutions en Afrique ou en Asie…
Mais une chose demeure, ici, en Amérique : nous sommes et serons tant que nous respirerons, le village d’irrésistibles Gaulois au Nord de l’Amérique.
Le Québec ne peut pas devenir un pays sans intégrer les Premières Nations, les immigrants et leurs cultures à son discours. C’est une réalité. Pendant longtemps, les Québécois de culture francophone ont monopolisé le combat. Il est temps, je crois, que nous fassions preuve de bon sens. Il est de mon avis, qu’il est temps de choisir ses combats.
La lutte nationale ne doit plus être exclusive aux francophones, catholiques et blancs de la province de Québec. Avec plus de 20% d’Allophones sur notre territoire, il est temps de cesser les divisions interethniques. Il faut à tout prix convaincre les nouveaux arrivants que le Québec est également leur pays et qu’ils doivent prendre part à son émancipation.
S’émanciper de quoi alors? Du colonialisme anglo-saxon. Ne me prenez pas à défaut, je suis très conscient de la réalité passée, présente et future au niveau de la démographie du Québec. Les divisions linguistiques ne doivent plus être le centre de nos préoccupations… mais il faut savoir choisir son camp.
Le Québec est un pays qui a sa propre culture et même si cela ne plaît pas à tout le monde, cette dernière a toujours été mise en valeur par la culture francophone.
Il est donc temps de montrer à ces nouveaux Québécois l’importance de continuer de promouvoir ce caractère unique en Amérique du Nord. De les encourager à découvrir cette culture riche et surtout de soutenir les Québécois anglophones à s’ouvrir à la culture francophone.
Je suis probablement un utopiste, mais je crois que le fait d’avoir peur de son accent, n’est pas une raison valable de ne pas partager une langue commune et distincte du reste du continent (le français) dans nos institutions publiques et au niveau du travail.
Je ne crois pas que le sujet national s’arrête aux frontières linguistiques et à la culture. Il y a également l’aspect économique. Imaginez un seul instant être en total contrôle de notre territoire, de la totalité de nos impôts, de la création de la richesse. Imaginez un État plus égalitaire où le partage et l’innovation pourraient faire concurrence à l’idéologie ambiante du statu quo en matières énergétiques par exemple…
Devons-nous toujours être le suivant d’un autre? Avons-nous le courage d’être devant et fiers de nos innovations? Avons-nous besoin de l’approbation des autres? Sommes-nous un petit ou un « grand » peuple? Que voulons-nous réellement?
Je ne crois pas qu’un gouvernement fédéral qui commet des actes constants d’humiliation envers le Québec mérite notre soutient. En 1995, les Canadiens des autres provinces sont venus nous dire combien « ils nous aimaient » dans les rues de Montréal. Mais qu’aimaient-ils réellement? Comment cela se fait-il que beaucoup moins de Canadiens anglais apprennent le français que l’inverse au Québec si tel est le cas?
Comment cela se fait-il que lorsque je vais à Toronto et que je parle français, qu’on me regarde comme une sous merde? Où sont ces Canadiens anglais qui m’aimaient tant il y a environ 15 ans? Ont-ils changé d’avis sans nous le dire? Alors, pourquoi persisteraient-ils à vouloir nous empêcher d’atteindre notre objectif national : l’orgueil, la rancune, le déni, le refus de voir qu’il existe un autre peuple au centre de leur « cher » pays?
La question est complexe et je serais naïf de croire qu’une seule réponse pourrait être suffisante. Cependant, si les Canadiens des autres provinces nous aiment à ce point, ils n’ont qu’à venir créer ce pays avec nous… Personne ne les empêche… Sinon, je ne leur donnerai que ce conseil : il ne sert à rien d’empêcher l’inévitable. Si ma génération (les Y) ne sait pas venir à bout de cette lutte, ce ne sera pas la fin. La souveraineté du Québec n’a pas été inventée en 1968…
Mais au final, je ne crois pas que le problème soit le reste du Canada. Je pense comme Pierre Falardeau : « Quand on va être décidé, l’indépendance on va la faire, par quelques moyens que ce soit… ». Par « on » j’entends ici, une indépendance par et pour les Québécois, peu importe leurs allégeances politiques ou leurs origines ethniques.
Il est temps de cesser de se chamailler sur un chef ou sur la voie à prendre. Nous savons déjà le résultat que nous voulons : un État indépendant, social-démocrate.
Alors, qu’attendons-nous?